Meunier de père en fils !

Ça existe encore ?…

Moulin de l'Andelle

Meunier tu dors ? Car dans la chanson, il s’agit bien d’une question. A l’origine de la meunerie, si ce dernier s’était endormi, il aurait pris le risque que le frottement entre les meules de pierre mette le feu aux cosses de blé. En approvisionnant régulièrement son moulin en blé lors de l’écrasement, le meunier garantissait alors à son moulin sécurité et productivité.

Voilà pour la petite Histoire. Notre mission aux côtés du groupement de meuniers indépendants Petits Moulins de France nous a conduit à rencontrer cette profession non seulement méconnue mais relevant parfois du phantasme chez les consommateurs que nous sommes.

« Ca n’existe plus meunier, on produit la farine directement maintenant » avons-nous entendu. Et bien non, il y a encore des producteurs de blé, des meuniers qui écrasent et des boulangers qui pétrissent… et c’est très bien ainsi.

C’est donc dire à quel point nous sommes parfois déconnectés de notre quotidien. Car comment ne pas faire référence au quotidien quand on parle de pain ? La base de notre alimentation, celui qui accompagne notre alimentation, celui qui est une symbolique religieuse forte, celui qui est créateur de lien social entre les hommes.

Le meunier n’est pas seulement celui qui écrase le blé. Et nous passerons ici sur la complexité technique de ce métier et sur les investissement énormes qu’il implique pour les minotiers. Nous parlerons ici plus de philosophie d’une profession intimement liée à celle qui se situe en aval dans la chaine alimentaire, le boulanger.
Aucun des métiers que nous avons rencontrés dans nos expériences professionnelles ne sont aussi proches l’un de l’autre. Il ne s’agit pas ici que de commerce, mais de réel partage de compétences, voire de risques à entreprendre.

Dans le groupement Petits Moulins de France qui fédère 60 moulins indépendants sur tout le territoire, les moulins sont transgénérationnels, et dans les mêmes familles depuis 5, 6 voire 8 générations. De là à dire que la transmission est une préoccupation primordiale dans la meunerie, il n’ y a qu’un pas.

Soyons clairs, nous parlons ici de petits moulins familiaux qui font la gloire de l’industrie de la meunerie. Solidaires à l’intérieur de ce groupement, ils font perdurer un savoir-faire meunier régional que les boulangers exploitent selon les traditions de leur propre région.

Produit de terroir par excellence, la farine des Petits Moulins, c’est avant tout de la culture, de la tradition, du souvenir et du patrimoine. « Si aujourd’hui on ne mange plus de pain, demain il n’y en aura pus » disait la publicité, mais si demain il n’y avait plus de petits moulins tels que les moulins adhérents à Petits Moulins de France, demain il n’y aurait plus de boulangerie artisanale en France.

Tout est lié au sein de l’aliment, les produits entre eux, les métiers entre eux, les hommes entre eux. C’est un très beau métier que celui de meunier, un métier qui se féminise, ouvrant ainsi de larges perspectives à la profession.

Les moulins se visitent. Nous avons eu l’occasion d’en visiter plusieurs au cœur de nos régions, des plus modernes aux plus traditionnels. Tentez l’expérience en famille, les enfants adorent …

Les moulins que nous connaissons bien :

  • Moulin du Foulon – Robert Lallemant – 21350 Arnay Sous Vitteaux
  • Minoterie Boiron – Gaëtan Boiron – 15 rue de Barilleau – 79260 La Creche
  • Minoterie Céard – Paul, Guillaume et Marie Céard – Le Pont Neuf – 05200 Saint-André d’Embrun
  • Minoterie Thamié – Didier Thamié – Moulin de Vergnoulet – 46500 Mayrinhac Lentour
  • Minoterie de Champcors – Emmanuel et Julie Pivan – 35170 Bruz